Marie Humbert,l'amour d'une mère


Le 24 septembre 2000, Vincent Humbert quitte la caserne pour rejoindre sa petite amie. Le dernier virage avant d'arriver chez lui, lui sera fatal... Dans un état critique, Vincent est admis aux urgences de l'hôpital d'Evreux où il subit une quinzaine d'interventions. Mais les médecins ne laissent guère d'espoir à sa mère : Marie Humbert. Du jour au lendemain, la vie de Marie bascule, elle quitte son appartement et son travail pour suivre «son Titi» dans un centre spécialisé. Et pourtant, Marie n'a pas le sentiment de se sacrifier pour son fils, elle est persuadée que Vincent va guérir, c'est juste un problème de temps et d'amour. Le «miracle» a lieu neuf mois après son arrivée au centre, Vincent bouge son pouce. Marie mettra neuf autres mois à lui apprendre l'alphabet afin de pouvoir communiquer avec lui. Cette période d'euphorie est de courte durée, malgré les séances de rééducation et d'ergothérapie, Vincent ne fera physiquement plus aucun progrès. Lucide et conscient de sa très lourde pathologie, Vincent veut mourir. Il veut mourir parce que son corps entièrement paralysé, hormis son pouce, est une souffrance, qu'il ne voit rien, qu'il n'a plus d'odorat, que son dernier repas remonte à plus de eux ans et qu'il ne retrouvera jamais l'usage de la parole. Au fil des mois, sa détermination ne faiblit pas bien au contraire. Devant le refus des médecins à l'aider à mourir, Vincent va jusqu'à écrire une lettre au président de la République. Du jour au lendemain, l'affaire se médiatise, un débat national sur l'euthanasie s'engage dont Vincent devient malgré lui, le symbole. Désespéré, Vincent se tourne alors vers sa mère et lui dicte : «Si tu m'aimais, tu me tuerais !» Par amour pour son fils, Marie qui lui a donné la vie, va lui offrir sa mort. Diffusé le 3 mars 2007 en Belgique le téléfilm à rencontré un grand succés, il a également obtenu "le Grand prix du Jury" au Festival de Luchon 2007.
France, 2007
Réalisé par Marc Angelo
Montage : Yves Charoy
Scénario, adaptation et dialogues : Isabel Sebastian
Adaptation : Editions Michel Lafon et Oh ! Editions
Musique : Armand Amar, Une Musique et C.M.B.M
Costumes : Martine Rapin
Décors : Tony Egry
Directeur de la photographie: Dominique Bouilleret

Avec:
Florence Pernel (Marie Humbert)
Edouard Collin (Vincent Humbert)
Elodie Fontan (Estelle)
Erick Desmarestz (Docteur Frédéric Chaussoy)
Matyas Simon (Christophe Humbert)
Michaël Alcaras (Olivier Humbert)
Eric Franquelin (Jacques Humbert)
Héléna Soubeyrand (Julie Humbert)
Georges Claisse (Docteur Brun)
Renan Mazeas (Rémi)

diffusion: 3 décembre 2007 TF1, France - le 3 mars 2007 en Belgique
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INTERVIEW DE EDOUARD COLLIN

Interpréter Vincent Humbert, ce n'est pas jouer un personnage parmi tant d'autres. Cela tient à la portée du rôle, à l'investissement de Marie Humbert et de toute une équipe... Pour relever le défi, Edouard Collin a fait preuve d'ouverture d'esprit et de sensibilité. Il en ressort changé.

Quelle était la difficulté majeure ?



Elle résidait dans le fait d'apporter de la vie à mon personnage, tétraplégique. Même immobile et allongé, je ne voulais pas que l'on voie un corps sans vie. J'ai pensé qu'en essayant de connaître Vincent, en approchant sa mère, j'y arriverais peut-être. J'ai lu le livre de Vincent* et la première fois qu'elle m'a rencontré, sa mère m'a mis dans une grande confiance en me prenant dans ses bras : «oh il ressemble à mon Titi». Même si je ressemble peu à Vincent, cela signifiait qu'elle m'acceptait. En plus de me donner le crédit nécessaire à jouer Vincent, Marie m'a donné de l'amour.

Et ensuite, comment avez-vous construit votre personnage ?

Nous sommes devenus assez proches et Marie m'a beaucoup parlé de son fils, de ses goûts, de son caractère, sa façon de s'habiller...J'ai cherché quels étaient nos points communs et ils sont assez nombreux.Je me suis préparé en plongeant dans son histoire et en cherchant des signes qui indiquaient que Vincent m'avait accepté. Je lui parlais, je voulais m'en faire un ami et j'avais envie de lui dire «prends mon enveloppe corporelle et utilise-la pour faire passer ton message». Je continue à lui parler souvent. Ça paraît dingue. Pendant le tournage, je m'adressais à lui intérieurement, pas à voix haute, car il m'aurait pris pour un fou ! On y croit ou on n'y croit pas ; moi j'adhère. Je voulais devenir un outil. Je me rappelle un soir où, obsédé par le tournage qui approchait, j'ai allumé la radio... La chanson préférée de Vincent commençait !

Et pendant le tournage ?

Je suis resté dans cet état et entrer dans mon rôle n'a donc pas été compliqué. Mais je ne voyais que peu d'amis, j'avais besoin sans doute de rester immergé dans son univers, n'ayant pas encore la technique suffisante pour entrer et sortir d'un tel personnage.


Vous n'aviez pas de texte, comment êtes-vous parvenu à développer un lien privilégié avec Florence ?

Cela va paraître galvaudé, mais quand je joue, je vis. A chaque fois que Florence s'adressait à son Titi, je lui répondais en pensée, j'essayais d'entrer dans son jeu et quand elle pleurait, je la réconfortais intérieurement.

Y a-t-il eu des scènes plus difficiles à tourner ?

D'une manière générale, j'ai eu beaucoup de mal à garder les yeux ouverts et fixes, surtout lorsque nous tournions le matin. Mais Marc Angelo est très convaincant ! Si un jour, je n'y arrivais pas, il me disait : «Est-ce que tu vois Delon cligner des yeux une seule fois dans les films de Visconti ? » Il m'avançait des arguments imparables sur l'intensité du jeu et me mettait suffisamment hors de moi pour que je lui prouve que je n'étais pas comme ces comédiens qui perdent en émotion en clignant sans cesse des paupières.

On imagine mal la difficulté à tenir cette position figée avec un visage déformé...

Oui... Cela m'a rendu malade, la dernière semaine. Mon corps n'en pouvait plus ; c'était vraiment pesant. J'avais la nausée ; mes nerfs lâchaient. Les symptômes ont disparu au dernier clap de fin.
La position allongée et figée vous a rendu malade ?

Plus que cela. Comme le reste de l'équipe, j'avais à cœur de bien faire et malgré la belle énergie qui régnait sur le plateau, la pression était grande.J'ai très mal vécu le jour où nous avons tourné l'accident de Vincent. J'étais déjà très attaché à lui. Même sur voiture travelling, la scène était assez réaliste. J'ai vu le camion arriver face à moi. Je me suis dit : «qu'a-t-il ressenti à cet instant ?» J'étais glacé. On a dû recommencer plusieurs fois.

Que ressent-on à interpréter un jeune homme ayant réellement existé ?

C'est différent parce qu'on n'est plus seul. C'est une aide parce qu'on a des indications pour y arriver. Mais c'est aussi plus difficile parce que ses proches doivent le retrouver dans l'interprétation.

Ce film traite de l'euthanasie, un sujet d'actualité, qu'est-ce que cela changeait pour vous ?

C'était un plus. Cet enjeu me poussait à me surpasser et me permettait de m'enrichir sur le plan personnel.

Ce rôle a-t-il changé votre perception du métier d'acteur ?

Oui, et cela a changé ma façon d'aborder mes rôles, désormais avec plus de spiritualité que de technique et ce téléfilm aura été un déclencheur d'émotions pour moi.Et comme je l'ai souvent dit à sa mère Marie, je sais que Vincent va me porter bonheur. J'ai grandi grâce à ce rôle et à travers lui. Auparavant, j'évitais les sujets susceptibles de me heurter et j'avais beaucoup de mal à entendre parler de la maladie. Je changeais de chaîne s'il m'arrivait de zapper sur le Sidaction... Désormais, je n'ai plus peur. En ce moment, je travaille d'ailleurs un rôle de séropositif.

Que pensez-vous du film ?
Quand je vois Vincent à l'écran, j'oublie que c'est moi...

*Je vous demande le droit de mourir dicté avec le pouce par Vincent Humbert et remis en forme par Frédéric Veil (éditions Michel Lafon).

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INTERVIEW DE FLORENCE PERNEL

Portée par l'histoire d'un amour hors du commun, celui d'une mère qui a «accepté l'inacceptable», Florence Pernel s'est transformée pour trouver «sa» Marie Humbert, combative et bouleversante d'amour. Son interprétation est sobre, juste et émouvante à la fois.
Avez-vous ressenti quelque appréhension à interpréter Marie Humbert ?


J'ai d'abord hésité, lorsque Takis Candilis m'a parlé de cette histoire pour la première fois, mais mes appréhensions se sont envolées à la lecture du scénario. Cette histoire d'amour filial hors du commun, extraordinaire au sens premier, m'a littéralement bouleversée et interpréter ce rôle est alors devenu une évidence. Je devais être Marie. Mais c'est une chose que de lire un très beau scénario ; c'en est une autre d'être à la hauteur et il m'a d'abord fallu convaincre le réalisateur, Marc Angelo.
Je ne voulais pas jouer Marie Humbert avec mon apparence habituelle. Changer de tête pour interpréter Marie Humbert a fait partie de mon cheminement pour m'approcher d'elle. Le costume, la coiffure me permettaientde me fondre, d'être entièrement Marie Humbert, mais aussi «d'entrer» et «de sortir» du personnage, ce dont j'avais besoin, compte tenu de la charge émotionnelle qu'il véhiculait.

Et ensuite ?

Quand j'ai su que j'allais interpréter Marie, toute ma vie a convergé vers elle. Et je l'ai enfin rencontrée. Nos longues conversations ont été importantes et constructives pour moi.Je comprenais déjà bien son parcours et j'admirais son grand sens de la vie. Mais j'avais des interrogations au sujet de son acceptation : comment en était-elle venue à répondre au désir de son fils et de lui donner la mort ? Marie m'a livré une clé pour mon interprétation : «J'ai compris le jour où Vincent m'a dit : tu ne m'aimes pas assez, m'a-t-elle rapporté. Assez. Je n'avais jamais entendu ce mot ainsi. Je me suis rendu compte que je l'aimais pour moi et qu'il me demandait de l'aimer pour lui. La différence est énorme. En comprenant cela, j'ai accepté de l'aider.».
J'ai repris dans mon interprétation les différents stades du combat de Marie : d'abord, la période de lutte contre le coma ; ensuite, l'espoir extraordinaire, d'une violence folle, qui surgit lorsque Vincent sort du coma ; puis les sacrifices fous de cette mère qui réorganise sa vie autour de son fils ; enfin, après la lutte avec lui, l'acceptation de lui donner la mort.

Quel était le plus difficile dans votre interprétation ?


Doser l'émotion n'a pas été aisé mais j'ai été fabuleusement dirigée et accompagnée par Marc Angelo. J'ai rarement connu une telle complicité avec un metteur en scène. Nous avons choisi d'interpréter certaines scènes dans différentes versions, avec différents niveaux d'émotions. Ainsi, Marc pouvait «doser» l'émotion au montage .

Quelle était votre première préoccupation ?

Notre souci commun, à Marc Angelo et à moi, était de raconter Marie sans la trahir et de ne surtout pas en faire un personnage pathétique. Positive, généreuse, ouverte... Marie a pris à bras le corps l'impossible proposition que la vie lui faisait. Elle a pu mener ce combat parce qu'elle ne s'est jamais apitoyée sur son sort. À son image, ce film est un véritable hymne à l'espoir et au combat, dès la première scène, où Marie pousse ce cri de joie en croyant Vincent sauvé !

Que ressent-on à interpréter un personnage réel et qui plus est, présent ?

Certes, il y a quelque chose de troublant à interpréter une personne avec si peu de distance entre la réalité et la fiction.Nous avons découvert le film ensemble et j'étais très anxieuse.... Mais Marie m'a rassurée. Elle s'est retrouvée dans la « Marie » que j'ai proposée. J'ai aussi reçu des appels de sa sœur qui vit en Guadeloupe et de ses deux autres fils, également présents dans le film. Cela m'a beaucoup apaisée.

Appréciez-vous que le film sous-tende la question de l'euthanasie, taboue dans notre société ?

La télévision est un formidable instrument de communication qui permet de s'adresser à des millions de personnes. Ce téléfilm pose le problème de l'euthanasie et j'espère qu'il suscitera un débat sur un des grands enjeux de notre société.

Marie Humbert, l'amour d'une mère aura marqué votre carrière ?

C'est sans doute un de mes plus beaux rôles ; sans doute le plus difficile. Je me suis reconnue en Marie, je me suis retrouvée dans sa force, son sens de la vie. J'ai vraiment eu l'impression que j'aurais agi à l'identique dans sa situation. Son histoire peut nous arriver, à tous. La vie ne tient qu'à un fil et peut conduire à des situations absurdes, comme pour Vincent... La vie, c'est beau quand on est libre de sa parole et de ses mouvements. C'est inimaginable d'avoir 20 ans en étant prisonnier de son propre corps.

Florence Pernel sera au Théâtre Edouard VII à Paris, à partir du 14 septembre, dans Un type dans le genre de Napoléon, une pièce de Sacha Guitry, dans une mise en scène de Bernard Murat avec Martin Lamotte.
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Chacun sa chance


Appuyée par l'Inspection d'Académie, Marie Calvet a décidé de tenter une expérience de «discrimination positive» à Belgrand : accueillir cinq bons élèves de banlieue en TES pour leur donner une chance d'accéder à une classe préparatoire. Habib, Selim, Djamila, Bernadette et Nicolae réagissent différemment à cette opportunité. Habib espère pouvoir se glisser dans la peau d'un élève ordinaire alors que Selim n'entend pas remercier pour une expérience qui sert surtout, selon lui, à donner bonne conscience à l'Education Nationale. Les professeurs sont divisés face à cette expérience. Du côté des élèves, un petit groupe mené par Lucas Brissot (Edouard Collin) et son amie Manon est très hostile aux «discriminés». Le père de Lucas, craignant que son fils ne se fasse souffler une place en prépa HEC l'année suivante, manoeuvre pour faire annuler l'expérience...
France, 2005 de Philippe Berenger

Leïla Bekhti
Driss Ramdi
Eva Darlan
Edouard Collin,

Durée : 1h40
diffusion: 22 février 2006
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Quelques photos de tournage

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